jour béni
février 13, 2007
Tu l’as compris, lecteur souple et patient, la musique fut beaucoup plus qu’un art, pour moi, ce qui signifie une technique, l’art de bien faire de la musique. Progressivement, quand la raison prit le pas sur un naturel foulé, la musique fut le lieu privilégié de ma recherche de sens. Appliquée à un art, elle devint concevable, il devint concevable que quelque chose eût un sens, et ce jour béni où j’eus le choc de comprendre qu’en musique, le sens, c’est la direction, tout simplement, le jour béni de ce choc je m’en souviens très bien.
soustraction
janvier 29, 2007
suite
janvier 28, 2007
L’art véritable est sans but, sans intention.
Extrait de « le Zen dans l’art du tir à l’arc »
Mais qu’est-ce que la musique ? … Elle est entre la pensée et le phénomène : comme une médiatrice crépusculaire, elle plane entre l’esprit et la matière, apparentée à tous deux, et pourtant différente de tous deux ; elle est esprit, mais esprit qui a besoin de la mesure du temps ; elle est matière, mais matière qui peut se passer de l’espace.
Henri Heine
Pour Pythagore, ce demi-dieu, l’univers était une boîte à musique qui jouait ses nocturnes éternellement.
A. Koestler
Le style et ses interprétations …
janvier 25, 2007
Style : manière particulière à un artiste, à un genre, à une époque.
Interprète : personne qui présente, exprime de telle ou telle façon une oeuvre artistique
Interpréter : expliquer ce qui est obscur. Donner à une chose telle ou telle signification (interpréter une loi…). Exécuter un morceau de musique.
Ça, c’est le dictionnaire.
J’ajoute qu’interpréter, c’est recréer, c’est donner vie à ce qui est mort ou à naître.
Un interprète est un demi-dieu, il est médiateur entre le Créateur et les hommes, celui sans qui les hommes ignoreraient tout de leur condition, à savoir qu’ils sont des Hommes.
Interpréter, c’est considérer un objet, sous le plus d’angles possible, dans la plus grande liberté possible, pour enfin choisir un point de vue parmi tous les points de vue possibles, celui d’où rayonne le plus de beauté, afin de communiquer aux hommes un message essentiel : la beauté existe, je l’ai rencontrée.
Selon les époques, les individus, les jeux de pouvoir et de persuasion entre les groupes, la beauté est reconnue sous des formes différentes.
A Assise, on dira qu’il n’est rien de plus beau que les fresques de Giotto, là, on les ignorera pour n’admirer que les ruines d’un vieux temple grec.
Ici, ce sera Goethe, là Elie Faure.
Entre les deux, du temps aura passé, on se sera lassé de telle beauté, on encensera un nouveau style, qui sera toujours l’ancien du prochain, tout ça pour la vie, parce que la vie n’existe pas hors la découverte, la vie contemplative y compris.
Pour ce qui est de la musique, art volatil s’il en est, nous disposons aujourd’hui de techniques de fixation du son permettant à une interprétation de durer tant que dure le disque.
L’idée de conserver une trace se plaide, l’interprète est aussi un homme…
Le problème, éternel, semble-t-il, naît de la tendance, naturelle, semble-t-il, à l’idolâtrie.
L’homme a besoin de sacré. Soit.
L’homme, doué d’instinct grégaire, est un animal social. Animal, personne n’en doute. Social, ça reste à prouver. À moins que la pulsion suicidaire à l’échelle d’une société relève aussi du sens social…
Toujours est-il que l’homme a besoin de reconnaître du sacré et de le mettre en commun. Bon.
Pendant un temps, ils viendront s’agenouiller devant telle ou telle oeuvre d’art, telle parole sainte, jusqu’à ce jour inévitable où, les articulations rouillant, vieillards épuisés par tant d’amour, ils s’écroulent devant leurs idoles dont ils ferment de leurs corps l’accès.
Les aspirants-adeptes regardent autour d’eux. C’est le moment de grâce. D’un même élan, ils vont s’agglutiner là où les « têtes brûlées » d’hier ont déjà chauffé la place. C’est ce qu’on appelle une révolution, une transformation nécessaire, l’émergence d’un nouveau style, qui ne va jamais sans sa nouvelle école.
De secte en secte, la beauté se défend, au fil des siècles, de n’appartenir à personne. L’histoire nous dit que beauté rime avec liberté, école avec ennui, style avec éphémère.
L’histoire nous dit aussi que beauté peut être éphémère quand elle ne concerne que la forme, la matière. Au-delà, on est dans le mystère, un mystère à creuser dans l’indicible, à éprouver.
« Toute musique bien faite est receleuse d’une manière originale de nous libérer du temps et des servitudes spatiales. Le style, c’est l’actualisation de cette liberté. » Auteur oublié
dédicace
janvier 22, 2007
À mes professeurs, bourreaux et victimes, sans qui je serais autre que je suis.
Est-ce à déplorer ?
Première question.
Je pose tout le temps des questions. Les réponses, je les soulève, pour les placer auprès de nouvelles questions.
Comprenez que mes questions sont mes bornes. Comprenez que je me déplace, comprenez que je suis en chemin.
Ce chemin, comment le décrire.
Comme un chemin à la croisée d’autres chemins, c’est le mien.
En cela il est singulier, en cela il est comme tous les autres. Je pose une question : n’est-ce pas en ce qu’il a de plus singulier qu’il ressemble aux autres ?
Ce chemin est de ceux qu’on appelle travail, travail au singulier, travaux au pluriel.
C’est-à-dire que je mène plusieurs activités dont la plus présomptueuse est de me construire. C’est mon travail.
Il s’effectue au gré de mes activités.
Parmi celles-ci, il en est une qui semble être la principale.
Je passe le plus clair de mon temps assise, face à un piano, mon doux, mon cher, mon merveilleux piano.
J’ai quitté mon premier piano pour un autre, puis un autre.
D’infidélité en infidélité, j’ai compris qu’un piano reste un piano et que le plus beau piano du monde ne peut donner que ce qu’il a.
Comprenez que j’ai une relation plutôt trouble avec mon instrument.
Comprenez qu’il est la source d’un plaisir qui ne ressemble à aucun autre, sans dire pour autant qu’il est supérieur.
Il est unique et ressemble à tous les autres. Comme tous les autres.
Comprenez que j’ai une relation amoureuse avec mon piano.
Admettons qu’il fût question de pathologie et voyons ce que cela donne : de la musique.
Mon instrument produit de la musique, c’est le plaisir qu’il me donne, je l’en remercie.
Hommage au véhicule de mon plaisir, à celui qui contribue à donner un sens à ma vie, qui m’aide à entrevoir l’idée de beauté, de justesse et d’infini.
Méchante
janvier 18, 2007

Tous les travaux rémunérés absorbent et amoindrissent l’esprit. ARISTOTE
De la même façon que nous associons souvent dans notre imaginaire — c’est une femme qui parle — amour et sexualité, de la même façon le partage de la musique avec un auditoire passe pour un acte d’amour.
Il arrive que cela soit vrai.
Souvent, c’est le contraire. Souvent, c’est l’hypocrisie qui est mise en partage. Souvent le public s’ennuie, les musiciens aussi.
Des deux côtés néanmoins, on consent à jouer le jeu.
Les uns saluent d’un sourire satisfait, c’est le signe pour les autres d’applaudir. Et la musique d’adoucir les moeurs…
Le musicien professionnel, qui trouve légitime de gagner beaucoup d’argent avec son art, se produit souvent, le plus souvent possible, avec le plus de partenaires possible, afin de multiplier ses gains — il dira ses expériences — en s’adaptant toujours de son mieux à la direction du plus directif du groupe — généralement celui qui a décroché l’affaire qu’il veillera à ne pas contrarier pour que se renouvelle l’expérience, en vertu du célèbre dicton : “Tout ce qui rentré ne craint pas le gel“. Au point qu’avec le temps, il parviendra à renoncer à tout point de vue personnel sur les oeuvres qu’il interprètera.
Avant d’accéder au public, il sera passé sous le rouleau compresseur de l’académisme des écoles, les conservatoires de la conservation, où s’il avait un point de vue personnel, mouvement instinctif relatif à l’amour, ce dernier fut lourdement mis à mal.
Pour réussir rapidement sa carrière professionnelle, tout homme se doit d’être opportuniste. Le musicien n’échappe pas à la règle.
Ses aînés lui expliquent comment plaire, par quels effets de manches et autres manifestations corporelles. Auparavant, ils l’auront convaincu de l’ignorance générale du public qui n’y connaît rien, précepte que le musicien croira vérifier du fait de la politesse rituelle mentionnée plus haut.
Pour devenir un musicien apprécié, c’est-à-dire recherché-contacté-branché-mis sur les bons coups-les bons cachetons, il lui faudra donner des preuves de son entière disponibilité — pour son art.
S’il dit non à une proposition, on ne le rappellera plus, et bientôt on l’oubliera, situation terrible pour un musicien qui n’est vraiment musicien que s’il joue pour son cher public et en vit, comme tout professionnel de toute profession, puisque tout travail mérite salaire et bla et bla.
Le musicien est supposé acquérir, au fil de longues années de labeur, une technique, dont le niveau est évalué lors d’examens et de concours.
A l’occasion de ces épreuves, on jugera de son style — ou respect de la tradition, véhiculée notamment par les disques, de la propreté de son jeu relative au nombre de ses fausses notes ou de ses fautes de rythme, ce qui est encore plus grave.
On jugera également de sa musicalité, c’est-à-dire de la taille de sa sensibilité — grande, petite— de son goût — bon, mauvais, vulgaire, distingué…
Naturellement, la reconnaissance du talent par ses pairs est chose agréable puisqu’elle accorde le droit de se présenter devant un public — comprendre : les ignares ci -dessus mentionnés.
Le métier de musicien professionnel deviendra alors un métier comme les autres, rémunéré comme les autres, parfois mieux, et, “comme les gens ont besoin de l’art”, une position sociale comme les autres — famille, résidence secondaire, voitures, crédits, au paiement desquels le musicien consacrera tout son art.
Loin d’être inféodé à un prince, le musicien se croira libre et, satisfait, il appréciera le progrès des temps modernes.
Pour les Sumériens, nos ancêtres, à travers la musique, se manifestait le sacré .
un art martial
janvier 15, 2007
Le travail du piano, certains disent l’art du piano, peut se résumer à peu de choses ou bien à une montagne de choses, selon l’angle sous lequel on l’observe.
« Peu de choses » le rend facile à comprendre, la montagne — infiniment désarmant.
Un art qui rendrait pacifique ?
Au commencement de ma propre expérience, je me rappelle un besoin.
D’où venons-nous, d’où vient-il ?
Innocemment, je posai mes doigts sur un clavier. C’était tantôt laid, tantôt beau. Ce fut aussi l’avis de mes professeurs.
Petit à petit, j’appris à écouter, à formuler pour moi-même ce qui faisait le beau, le laid.
Mes professeurs parlaient de tradition, de technique, de sentiments, d’extériorisation, d’esthétique, de souffrance, le tout mêlé en un tonitruant nuage de confusion.
Une façon de signifier le mystère ?
L’innocence perdue, le temps était venu de faire le point. De la montagne, je fis des tas, des tas de petits tas.
Je taillai jusqu’au plus élémentaire, le plus petit que mon oreille pût percevoir, l’atome du son, dans lequel me prit le goût de couler.
Chaque jour renaissait le besoin de voyager, d’un atome à l’autre, de voler.
Du plaisir de voler, du plaisir de la découverte s’enracina le besoin de travailler.
Chaque geste me propulsait dans un inconnu que je formais à mon gré, au quotidien, au fil des années.
Piano ma sano …
Cette discipline n’eut rien d’une aliénation, au contraire.
La pulsion de construire ?
Le plaisir était le moteur de mon travail, il exigeait des variations perpétuelles, des idées nouvelles, une imagination permanente, faute de quoi il s’usait.
Mon île devint un bagne merveilleux.
le sacré — notes de lectures
janvier 11, 2007
En français, désigne ce qui est à la fois séparé et circonscrit.
Sacré = inviolable
La fonction du sacré est de relier au divin à travers une réalité finie témoignant d’une expérience avec l’Infini.
« La nature, le monde dans lequel nous vivons est chargé de signes mystérieux sans lesquels nous ne pourrions pas vivre ni rêver ; nous serions réduits simplement à une existence matérialisée ou purement fonctionnelle. » Gaston Bachelard
Il n’existe, dans les choses, aucun principe objectif qui permette de les distribuer une fois pour toutes en sacrées et en profanes. Deux choses sont sûres : Dieu n’est pas sacré, puisque le sacré n’est qu’une médiation entre l’humain et le divin, et la création n’est pas sacrée puisque, si tout est sacré, rien n’est sacré.
Jamais rien ne doit nécessairement être sacré pour tous ni inexorablement être sacré pour toujours.
Le sacré ne meurt pas : il se métamorphose.
Les mots ont changé, l’attitude sacralisante est restée la même. Certaines assemblées ressemblent à des messes politico-sociales, célébrées dans des lieux privilégiés auxquels il ne manque que le nom pour être des cathédrales. L’autorité religieuse et les prescriptions ecclésiastiques sont tournées en ridicule, mais l’Etat, par la technologie, a des moyens infiniment plus durs et plus sûrs de faire respecter ses lois. Dans le domaine de la musique populaire et des sports, des vedettes font office de prophètes et même de prêtres. Il y a de nouvelles Mecque vers lesquelles se tournent des millions d’adorateurs. Les journalistes ne se trompent pas quand ils parlent d’idoles. “L’opium du peuple” ne s’appelle plus “religion”, mais il n’en est pas disparu pour autant.
En refusant toute transcendance, l’homme se soumet tout simplement dans un déroulement historique horizontal.
Il n’accepte rien en dehors de la condition humaine.
C’est ce qui fait que l’existence de l’homme profane est une existence tragique, non dépourvue de grandeur, mais où l’homme erre en quête du sens de sa vie sans pouvoir le trouver.
Le sacré n’est pas autre chose que la puissance de la réalité. Le sacré est saturé d’être. C’est ce qui se révèle être comme différent du profane, c’est cette rupture qui permet de découvrir le point fixe, l’axe central, la réalité absolue qui s’oppose à la non-réalité de l’étendue immense.
Le sacré, c’est ce qui permet à l’homme de faire le point. Le sacré se manifeste dans l’espace. Le sacré se manifeste dans le temps.
L’art est un moyen pour l’homme d’exprimer le sacré, c’est-à-dire l’éternité dans le temps.
l’an 1000 fut
janvier 7, 2007
L’an 1000 fut, à l’image de chacun de nos ans, historique.
L’an 1000 vit germer de l’esprit humain la première représentation d’un son fixe par une ligne horizontale et continue.
L’an 1000 traça la première ligne d’une portée musicale.
50 ans plus tard, ce qui est long, l’esprit humain eut l’idée d’une seconde ligne.
50 ans plus tard, en Italie, la portée était de 4 lignes : une rouge, une jaune, une noire et une rouge ou noire.
6 sons furent nommés DO RÉ MI FA SOL LA. SI apparut bien plus tard.
Six siècles plus tard. Six notes puis 7, et 2 durées, longue ou brève.
Ainsi fut créée, par l’esprit humain, l’écriture musicale, outil indispensable pour transcrire une complexité naissante, de plus en plus difficile à mémoriser, donc à préserver oralement.
L’écriture fut inventée pour servir la mémoire.
Quand je suis née, tout était fait. On ouvrit un livre devant mes yeux, on le nomma partition. S’y allongeaient des lignes et des lignes et des points et des points et des tas d’autres signes mystérieux.
Il y avait aussi des mots, le plus souvent dans des langues étrangères : con delicatezza, rubato, innig, langsam, et même des expressions comme pas trop vite, avec douceur, le plus vite possible, violent…
Grâce à eux, je compris que la musique contenait, racontait tout ça, toutes ces idées, ces sentiments, des sentiments naturels.
J’appris à lire, pas à pas, note par note.
Je divisai le temps en parties égales, j’appris la mesure, les silences, l’unité, les multiples, les nuances, le caractère, mon caractère, mes nuances, mes silences, ma durée.
J’appris à lire la musique, à associer un signe écrit à un son, à un rythme. J’entendis d’abord des phrases, avec un début et une fin, puis un volume fait de plusieurs phrases superposées, suspendues dans l’espace.
De cet espace musical, je conçus l’idée d’un espace qui contiendrait tous les espaces, l’infini et sa musique des sphères que l’on n’entend que si l’on tend l’oreille au-dessus du vacarme terrestre.
Et dans l’espace, j’entendis notre histoire, celle des humains perdus dans l’univers, recréant toujours les mêmes histoires, la même histoire, avec des mots, des signes nouveaux, inventant toujours de nouveaux langages pour meubler le silence, le vide qui nous constitue, pour combler, construire, conjurer la tentation de précipiter le tempo, de faire un avec le néant, trop tôt…
l’ange équilibriste
janvier 4, 2007
L’inspiration ne se donne qu’à celui qui a su ne pas fermer les yeux dans la nuit.
Michel MALLE
Le musicien passe son temps à mesurer le temps avec le plus d’exactitude possible.
Il choisit une pulsation, un battement, une unité de mesure et compte le temps au nombre de ses divisions.
Il divise et additionne.
Comme se mesure sa vie, au nombre de ses battements de coeur.
Plus lente est la pulsation, plus sa régularité est difficile à contrôler.
Un bon musicien, tous styles de musique confondus, sait tenir son tempo, c’est-à-dire la régularité de ses pulsations au fil du temps.
La musique s’écoute et s’entend dans le temps, dans l’infinie linéarité du temps qui passe, du temps qui contient tous les temps, passé, présent, imparfait, plus que parfait, simple et composé.
Remarquez que j’omets le futur.
Patience, il arrive.
La musique est une enclave dans le temps commun, le temps vide, comme est vide l’univers sans l’homme pour l’imaginer.
Ce temps existe, il est le germe de tout mouvement, matière première de toute division, de toute création.
Le temps musical s’inscrit dans l’infini, il a un début et une fin.
Le musicien inspire, bat deux pulsations, car il faut deux extrémités pour mesurer le temps, et de ses mains, de tout son corps, de son souffle, il fabrique un futur au premier temps.
S’il consent à expirer, alors, peut-être, sera-t-il inspiré.
S’il expire, le musicien se confondra avec l’infini et, au rythme régulier de ses pulsations, s’emplira de légèreté.
Le musicien vole. Il a abandonné toute pesanteur, et du bout de ses doigts, au feu de son souffle, il vogue, calmement puisqu’il a tout son temps.
Le musicien est un drogué du plaisir de voler.
Quand il retouche terre, il sait que du temps a passé.
Pour un temps, il s’est défait de matière.
S’il a expiré, il renaît.
Le musicien s’habitue à une autre vie, apprend à ne pas redouter la chute du corps, à aimer n’être qu’esprit.
Le musicien est un ange équilibriste qui se consacre à vérifier que tomber c’est voler puisque rien n’arrête le temps.
Et dans l’espace engendré par quelques signes sur du papier, il vole à la recherche d’autres anges équilibristes et dans ce monde des âmes, il choisit la sienne.








