le sacré — notes de lectures
janvier 11, 2007
En français, désigne ce qui est à la fois séparé et circonscrit.
Sacré = inviolable
La fonction du sacré est de relier au divin à travers une réalité finie témoignant d’une expérience avec l’Infini.
« La nature, le monde dans lequel nous vivons est chargé de signes mystérieux sans lesquels nous ne pourrions pas vivre ni rêver ; nous serions réduits simplement à une existence matérialisée ou purement fonctionnelle. » Gaston Bachelard
Il n’existe, dans les choses, aucun principe objectif qui permette de les distribuer une fois pour toutes en sacrées et en profanes. Deux choses sont sûres : Dieu n’est pas sacré, puisque le sacré n’est qu’une médiation entre l’humain et le divin, et la création n’est pas sacrée puisque, si tout est sacré, rien n’est sacré.
Jamais rien ne doit nécessairement être sacré pour tous ni inexorablement être sacré pour toujours.
Le sacré ne meurt pas : il se métamorphose.
Les mots ont changé, l’attitude sacralisante est restée la même. Certaines assemblées ressemblent à des messes politico-sociales, célébrées dans des lieux privilégiés auxquels il ne manque que le nom pour être des cathédrales. L’autorité religieuse et les prescriptions ecclésiastiques sont tournées en ridicule, mais l’Etat, par la technologie, a des moyens infiniment plus durs et plus sûrs de faire respecter ses lois. Dans le domaine de la musique populaire et des sports, des vedettes font office de prophètes et même de prêtres. Il y a de nouvelles Mecque vers lesquelles se tournent des millions d’adorateurs. Les journalistes ne se trompent pas quand ils parlent d’idoles. “L’opium du peuple” ne s’appelle plus “religion”, mais il n’en est pas disparu pour autant.
En refusant toute transcendance, l’homme se soumet tout simplement dans un déroulement historique horizontal.
Il n’accepte rien en dehors de la condition humaine.
C’est ce qui fait que l’existence de l’homme profane est une existence tragique, non dépourvue de grandeur, mais où l’homme erre en quête du sens de sa vie sans pouvoir le trouver.
Le sacré n’est pas autre chose que la puissance de la réalité. Le sacré est saturé d’être. C’est ce qui se révèle être comme différent du profane, c’est cette rupture qui permet de découvrir le point fixe, l’axe central, la réalité absolue qui s’oppose à la non-réalité de l’étendue immense.
Le sacré, c’est ce qui permet à l’homme de faire le point. Le sacré se manifeste dans l’espace. Le sacré se manifeste dans le temps.
L’art est un moyen pour l’homme d’exprimer le sacré, c’est-à-dire l’éternité dans le temps.
