un art martial

janvier 15, 2007

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Le travail du piano, certains disent l’art du piano, peut se résumer à peu de choses ou bien à une montagne de choses, selon l’angle sous lequel on l’observe.
« Peu de choses » le rend facile à comprendre, la montagne — infiniment désarmant.
Un art qui rendrait pacifique ?

Au commencement de ma propre expérience, je me rappelle un besoin.
D’où venons-nous, d’où vient-il ?

Innocemment, je posai mes doigts sur un clavier. C’était tantôt laid, tantôt beau. Ce fut aussi l’avis de mes professeurs.
Petit à petit, j’appris à écouter, à formuler pour moi-même ce qui faisait le beau, le laid.
Mes professeurs parlaient de tradition, de technique, de sentiments, d’extériorisation, d’esthétique, de souffrance, le tout mêlé en un tonitruant nuage de confusion.
Une façon de signifier le mystère ?

L’innocence perdue, le temps était venu de faire le point. De la montagne, je fis des tas, des tas de petits tas.
Je taillai jusqu’au plus élémentaire, le plus petit que mon oreille pût percevoir, l’atome du son, dans lequel me prit le goût de couler.

Chaque jour renaissait le besoin de voyager, d’un atome à l’autre, de voler.
Du plaisir de voler, du plaisir de la découverte s’enracina le besoin de travailler.
Chaque geste me propulsait dans un inconnu que je formais à mon gré, au quotidien, au fil des années.
Piano ma sano …

Cette discipline n’eut rien d’une aliénation, au contraire.

La pulsion de construire ?
Le plaisir était le moteur de mon travail, il exigeait des variations perpétuelles, des idées nouvelles, une imagination permanente, faute de quoi il s’usait.
Mon île devint un bagne merveilleux.

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