dédicace

janvier 22, 2007

pas à pasA mon piano…

À mes professeurs, bourreaux et victimes, sans qui je serais autre que je suis.
Est-ce à déplorer ?
Première question.

Je pose tout le temps des questions. Les réponses, je les soulève, pour les placer auprès de nouvelles questions.
Comprenez que mes questions sont mes bornes. Comprenez que je me déplace, comprenez que je suis en chemin.

Ce chemin, comment le décrire.

Comme un chemin à la croisée d’autres chemins, c’est le mien.
En cela il est singulier, en cela il est comme tous les autres. Je pose une question : n’est-ce pas en ce qu’il a de plus singulier qu’il ressemble aux autres ?

Ce chemin est de ceux qu’on appelle travail, travail au singulier, travaux au pluriel.
C’est-à-dire que je mène plusieurs activités dont la plus présomptueuse est de me construire. C’est mon travail.
Il s’effectue au gré de mes activités.

Parmi celles-ci, il en est une qui semble être la principale.
Je passe le plus clair de mon temps assise, face à un piano, mon doux, mon cher, mon merveilleux piano.
J’ai quitté mon premier piano pour un autre, puis un autre.
D’infidélité en infidélité, j’ai compris qu’un piano reste un piano et que le plus beau piano du monde ne peut donner que ce qu’il a.

Comprenez que j’ai une relation plutôt trouble avec mon instrument.
Comprenez qu’il est la source d’un plaisir qui ne ressemble à aucun autre, sans dire pour autant qu’il est supérieur.

Il est unique et ressemble à tous les autres. Comme tous les autres.

Comprenez que j’ai une relation amoureuse avec mon piano.
Admettons qu’il fût question de pathologie et voyons ce que cela donne : de la musique.
Mon instrument produit de la musique, c’est le plaisir qu’il me donne, je l’en remercie.

Hommage au véhicule de mon plaisir, à celui qui contribue à donner un sens à ma vie, qui m’aide à entrevoir l’idée de beauté, de justesse et d’infini.

Laisser un commentaire